Qui est Gérard Jodar ?
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Soutenu « jusqu’à la mort » par ses proches de l’USTKE, honni par une partie croissante de la population, Gérard Jodar est devenu le personnage le plus controversé de Calédonie. Retour sur le parcours, la stratégie et les objectifs d’un homme acculé. |
Bio express
1952 : naît à Givors, près de Lyon. Enfance à Vénissieux.
1971 : arrive à Nouméa, après le lycée et l’armée. Serveur au magasin Drug’Foch, puis « télétypiste » chez UTA à Tontouta.
1978 : devient délégué du personnel non syndiqué, puis monte le Syndicat des transports aériens réunis (STAR). Première grève.
1981 : adhère à l’USTKE au moment de sa fondation.
1982 : intègre le bureau exécutif.
1989 : l’USTKE quitte le FLNKS.
1992 : devient permanent syndical à cent pour cent.
2000 : succède à Louis-Kotra Uregeï à la présidence de la centrale.
Argent, grèves et affaires... Combien gagne-t-il ?
Gérard Jodar affirme percevoir « 510 000 francs brut » par mois, pour son poste d’agent de fret à Tontouta Air Service (TAS), la société détenue à 35 % par ses salariés. Son siège au conseil économique et social lui rapporte « entre 40 000 et 150 000 francs » mensuels, selon le rythme des réunions. Ses revenus varient donc entre 550 000 et 660 000 francs par mois.
Quelles affaires gère-il ?
Au registre du tribunal d’instance, le nom de Gérard Jodar est lié à quatre sociétés. D’abord l’entreprise d’assistance aéroportuaire Tontouta Air Service (TAS, 1,2 milliard de chiffre d’affaires), au sein de laquelle Gérard Jodar est administrateur, au nom de la SCP (Société civile de participation). La SCP représente les salariés-actionnaires de la TAS (adhérents USTKE à 90 %). Gérard Jodar est le gérant de cette société au capital de 4,1 millions de francs. Il occupe le même poste au sein de la Société de transport particulier (STP), chargée notamment de la prise en charge des salariés TAS entre leur domicile et Tontouta (capital de 1 million). Enfin, il est le gérant de la société SCAJ, dont l’objet est le conseil juridique, notamment auprès de comités d’entreprise (capital de 1 million de francs).
Fait-il vraiment grève ?
Lors du procès de mardi, l’avocat d’Aircal, Jean-Jacques Deswarte, a affirmé au tribunal que Gérard Jodar ne se mettait pas en grève à la TAS lors des grèves générales USTKE. Et qu’il continuait donc à percevoir son salaire.
« Je ne l’accepterais pas, si on me le proposait », nie l’ancien agent de fret, permanent syndical depuis 1992. « S’il y avait eu une instruction [au sujet des affrontements d’Aircal, NDLR], j’aurais présenté mes bulletins de salaire au juge. De toute façon, les comptables de la TAS sont adhérentes USTKE. Qu’est-ce qu’elles diraient aux militants si elles voyaient passer ça ? »
Où en est-il avec le conflit Aircal ?
Aucune discussion n’a eu lieu entre la direction d’Aircal et l’USTKE, hier. Selon nos informations, le syndicat en appellerait à l’Etat pour lancer une nouvelle médiation, et ses relais métropolitains comptent en faire de même à Paris.
De son côté, Nidoish Naisseline, président du conseil d’administration d’Aircal, réaffirme sa volonté de négocier... après le 29 juin, le jour de la décision du tribunal au sujet des affrontements de Magenta.

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