Ras le bol !
C'est loin... c'est tout près.
- Kanaky -
- Nouvelle Calédonie -
Aujourdhui, lundi 3 août en Nouvelle-Calédonie, de nouveaux affrontements ont opposé des manifestants de l'Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités (USTKE) aux forces de l'ordre. Depuis une semaine, le syndicat qui est en grève générale réclame la remise en liberté de son président Gérard Jodar enfermé depuis le 29 juin, condamné à un an de prison ferme, avec cinq autres adhérents, pour entrave à la circulation d'un aéronef dans le cadre du conflit à Aircal. Jamais en métropole, on ne verrait des responsables syndicaux traités de cette façon, enfin pour l'instant. Mais là-bas, c'est encore l'esprit des colonies.
Comme en Guadeloupe et en Martinique, même stigmatisation des syndicalistes, même présentation du patronat comme otage du syndicat, même refus du patronat d'appliquer des accords signés, mêmes représentants de l'Etat qui se refusent à trouver des solutions ou qui attisent le feu. Même couverture médiatique laconique : pneus brûlés, papiers gras sur les barricades et décompte des blessés. En haut lieu, on attend un mort ?
Partout les mêmes intérêts, les mêmes procédés, les mêmes mensonges liées aux mêmes peurs et au final les mêmes dégats. Pour comprendre les mécanismes de l'idéologie dominante et ses pièges, lire le Figaro : ses lignes et entre ses lignes.
Communiqué de presse du Bureau Confédéral l'UTSKE*
*L'UTSKE est la 2e force syndicale du territoire et la 1ère dans le privé.
Le Bureau Confédéral de l'USTKE souhaite apporter quelques précisions suite au communiqué du Medef repris en parti dans les nouvelles calédoniennes du samedi 1er août dernier.
Le patron des patrons calédoniens excelle à nouveau dans son rôle d'innocente victime des actions de l'USTKE. Il joint à son lot de protestations habituelles les dégâts matériels occasionnés, selon lui par les actions des syndicats. Un discours bien huilé pour justifier à terme, l'intervention publique et l'absence de répartition équitable des bénéfices à l'intérieur des entreprises. Quand les mêmes patrons qu'il représente font du chiffre, il est rare que leurs salariés soient associés financièrement aux retombées. Sur ce sujet, le Président Bouvier a pris l'habitude de rester discret.
Le chef des patrons revient également sur un problème délicat, celui de l'acheminement des médicaments, n'hésitant pas à accuser l'USTKE de mettre en danger des vies. Des accusations graves non fondées, utilisées déjà par le Président du Conseil d'administration d'Aircal pour incriminer l'USTKE et justifier ainsi ses atteintes au droit de grève.
Mr Bouvier, contesté dans ses propres rangs, aurait-il oublié les causes à l'origine de la dégradation du climat social dans notre Pays et sa part de responsabilité dans cette situation ? S'agissant du respect des libertés, comment le « grand chef des patrons » qualifie-t-il sa participation aux côtés de Nidoish Naisseline qui a exigé du représentant de l'Etat Français, Yves Dassonville, l'emprisonnement de plusieurs syndicalistes dont le Président de l'USTKE, Gérard Jodar, détenu depuis plus d'1 mois aujourd'hui au camp Est.
Son silence ensuite sur la progression de la pandémie de la grippe A/H1N1 dans notre Pays est étonnant. Quand on sait les risques encourus parmi la population calédonienne et donc des salariés, son mutisme sur la question est révélateur de l'utilisation honteuse, dans sa campagne anti-USTKE, de sujets sensibles tels que la question des médicaments et des instruments médicaux.
Concernant les dégâts causés aux entreprises, il sera probablement surpris d'apprendre, que pour l'entreprise CFP, un des directeurs, probablement bien connu de lui, a été pris en flagrant délit de destruction de matériel de sa société. S'agissant de la compagnie Aircal, le N°1 des patrons n'a fait aucun commentaire sur la gestion désastreuse de la compagnie et des 600 millions de déficit à l'origine d'un dépôt de bilan qui se dessine inlassablement. Préférant à cela se rendre complice du Président du CA d'Aircal dans son entreprise anti-USTKE.
L'USTKE rappelle enfin à Mr Bouvier que la situation qu'il dénonce aujourd'hui ainsi que les perturbations qu'elle entraîne sont le résultat des agissements auxquels il a participé. Il lui appartient dorénavant de contribuer, au nom du Medef, à la recherche de solutions rapides pour sortir d'un climat social qui se dégrade de jour en jour. Sans nul doute que l'une des solutions se trouve du côté de son ami et Président du CA de la compagnie Aircal épargné pour sa part des conséquences de cette grève générale.
Nouméa, le 03 août 2009
> 'Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités (USTKE) : http://www.ustke.org/
> Syndicalistes emprisonnés - Libérez les militants de l'Ustke ! - CGT et les autres communiqués et articles sur l'USTKE.
> La Confédération paysanne demande la libération des syndicalistes kanaks incarcérés - Confédération paysanne
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1988
80 % de OUI au référendum du 6 novembre 1988 sur l'autodétermination en Nouvelle-Calédonie qui entérinait les Accords de Matignon du 26 juin 1988. Ces accords mettaient fin à une guerre civile qui connut son point culminant le 5 mai 1988 avec l'assaut par l'armée de la grotte d'Ouvéa où s'étaient réfugiés des membres du FLNKS et leurs otages, et qui fit vingt et un morts.
1998
En 1998, au lieu de tenir le référendum prévu, le RPCR et le FLNKS négocient un nouvel accord à Nouméa, qui sera suivi par le vote d'une loi organique en 1999. Celle-ci établit les nouvelles institutions de la Nouvelle-Calédonie et prévoit un transfert progressif des compétences aux instances calédoniennes ainsi qu'un nouveau référendum sur la souveraineté à partir de 2014.
> La Nouvelle Calédonie 20 ans après. Le journal du CNRS
23:16 Ecrit par Zeck dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (ustke)
Commentaires
Il ne faut pas tout mélanger, syndicalisme voyou, pandémie oui certes mais ce n'est pas la grippe espagnole. Demain, pendant quelques jours nous grignoterons des biscottes, plus de farine donc plus de pain, ce n'est pas grave ! Je ne suis pas ultramarin de naissance mais j'y vis depuis bientôt une quinzaine d'années… L'outremer hexagonal sans la France n'aurait plus lieu d'être ! Citez-moi un ancien territoire d'outremer français qui ne regrette pas la tutelle de la République, unique et indivisible ! Je suis breton (BZH), j'ai vécu en Corse (Aléria j'y étais), j'ai vécu en Guadeloupe (six ans) je suis dans mon huitième hiver austral à Nouméa… Arrêtez de mettre de l'huile sur le feu ! Vous ne savez pas de quoi vous parlez… Je ne suis pas béké, je ne suis pas caldoche et je n'ai aucun intérêt économique dans les DOM-TOM-POM mais j'y compte quelques amis (toutes ethnies confondues) depuis 1977, année qui m'a révélé l'existence de ces territoires. Une infime partie (% négligeable) réclamait il y a trente ans l'indépendance, il y a vingt ans l'autonomie, il y a dix ans la décentralisation, petit à petit ils obtiennent ce qu'ils veulent et tant mieux… Mais c'est par la force du dialogue qu'ils y arrivent et non pas par le biais de manipulateurs syndicalistes extrémistes qui s'en mettent plein les fouilles (demander une enquête sur leur patrimoine, surprises !).
Ecrit par : Dédé de Néa | 04.08.2009
Je ne vais pas engager une polémique mais essayer de répondre en quatre lignes. Depuis ce matin nous n'avons effectivement plus de pain et de viande fraîche. Les docks sont bloqués, comme l'économie locale dépend essentiellement de l'importation, demain les rayons des grandes surfaces seront vides. La nuit dernière plusieurs barrages routiers ont été mis en place par les pseudos-syndicalistes ; je dis pseudo car l'USTKE aurait soudoyé des jeunes démunis, sans emploi et pour la plupart n'en cherchant pas, pour faire le bras de fer contre l'État et les autorités territoriales. Interrogés sur la raison de leur présence sur les barrages, ils ne sont pas en mesure de se justifier, ils sont là parce qu'on leur a dit d'être là et de casser. Il leur a été distribué des boulons qui leur servent de projectiles à lancer contre les forces de l'ordre (avant-hier à Koné 27 blessés dont deux grièvement). Ce n'est même plus du syndicalisme voyou, c'est du syndicalisme insurrectionnel. Les derniers gros incidents fomentés par l'USTKE remontent à début 2007, à l'époque pour défendre les intérêts d'un employé licencié de la société Carsud ils avaient bloqué le territoire. Le syndicalisme consiste à défendre les intérêts de ses adhérents, certes, mais quand la mise à pied fait suite à un vol dans la caisse de l'entreprise ce n'est plus du syndicalisme c'est du jusqu'auboutisme et c'est ainsi à l'emporte pièce. Le dialogue social ils ne connaissent pas, ça passe ou ça casse et pour ce qui est de casser, ça ils savent faire !
Ecrit par : Dédé de Néa | 05.08.2009
Mon épouse a travaillé pour un groupe de grande distribution de 2001 à 2003 à Nouméa dans le cadre d'emploi en CDD (remplacement de personnels en congé, en maladie etc.). Pour des raisons professionnelles nous avons quitté le territoire pour y revenir définitivement en octobre 2006. Dès notre retour son ancien employeur a refait appel à ses services dans le même cadre d'intérim mais au mois de mai 2008 elle a perdu définitivement son job sur pressions syndicales de l'USTKE, arguant qu'elle n'était pas native du territoire et que la DRH devait favoriser l'emploi local. La précarité de son type d'emploi (CDD) ne lui a donné aucun moyen de recours auprès de l'inspection du travail. Âgée maintenant de 54 ans, elle n'a depuis retrouvé aucun poste dans son domaine d'activité, soit une perte sèche de ≈ 900 € par mois, certes elle avait un petit salaire, mais si petit soit-il, il nous rendait bien service et ça lui permettait de cotiser pour ses points retraites, merci l'USTKE !
Si en France, seules les personnes natives de l'hexagone pouvaient travailler vous crieriez au scandale, que ferions nous de nos frères d'outremer ?
L'USTKE représente ≈ 25 % de la masse salariale syndiquée. Les fauteurs de trouble sont environ 400, un grand nombre des adhérents n'abonde pas aux méthodes employés, la preuve en est, ils sont obligés de faire appel à des casseurs hors syndicat.
Quant à faire un amalgame entre La Guadeloupe (que je connais depuis 1977, éruption phréatique de La Soufrière) et La Nouvelle-Calédonie où j'ai débarqué pour la 1ère fois en 1978, il y a un pas à ne pas franchir. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté en Guadeloupe en Martinique pour réclamer à juste titre 200 € d'augmentation pour les plus bas salaires contre ici quelques centaines de casseurs qui, pour une grande majorité, ignore tout des tenants et aboutissants du conflit.
Je suis un retraité basique de la fonction publique d'État (34 années de cotisation), pas plus pro MEDEF.NC que pro indépendantiste et mes sources sont mon quotidien, mon vécu et l'analyse que j'en retire. Il-t-il nécessaire de noyer le poisson dans de pompeuses envolées tel que : « le mode d'emploi figaresque de l'idéologie dominante qui remonte au moins à Louis XIV » ; « " révolution nationale " version post régime de Vichy ». C'est gentil, mais bien vain !
Ecrit par : Dédé de Néa | 06.08.2009
Puisque les
anciennes colonies, où la vie est chère, ne vous ont manifestement pas réussi,
il faut revenir en Métropole vivre vos retraites ou, peut-être, partir vous
installer au Maroc. Plus calme.
Ecrit par : Zeck | 06.08.2009
"Le
mode d'emploi figaresque de l'idéologie dominante qui remonte au moins à Louis
XIV ", mais je trouve ça très bien !
Ecrit par : Monsieur de Sévigné | 06.08.2009
Tout
d'abord bonjour,
Je tiens à donner mon point de vue sur la question du conflit qui sévit en NC
et dont vous semblez parler en connaissance de cause bien qu'étant à plus de 20
000 km...
je trouve qu'il est facile de débattre d'un tel sujet sans en connaitre tous
les tenants et aboutissants...
il faut le vivre au quotidien pour pouvoir en parler...
le climat d'insécurité qui règne à l'heure actuelle est très pesant...un bon
nombre de victimes (qui se trouvaient là au mauvais moment) déplore des
dommages matériels voire corporels...liés à des projectiles ou fumées
diverses...
vous reprochez à Dédé de Néa d'avoir un parti pris pro MEDEF...mais il est
clair que vous en avez un aussi...vous avez choisi le camp de l'Ustke et vous
prenez faits et causes leurs manières quelques peu cavalières pour défendre ce
qu'ils croient juste...certes, mais à quel prix...violences gratuites, dégradations
multiples, exigences défiant les plus basiques lois et entravant la bonne
marche du territoire et l'harmonie du pays...qui entre parenthèses commencent à
énerver foncièrement plus de la majorité de la population locale...
je suis infirmière et je peux parler de ce que je connais et vis au
quotidien...le conflit air cal a été un réel problème pour la sécurité
sanitaire...sachant que la plupart des évasan est assurée par cette compagnie,
le fait que ses appareils soient paralysés au sol a été dommageable pour la
population locale insulaire...
notamment en période d'épidémies de bronchiolites et de gastro...soins
impossibles en dispensaires du fait du manque de thérapeutiques et impossibles
sur Nouméa du fait de l'impossibilité d'organiser les evasan...les pertes à déplorer
auraient pu être énormes...
en tout état de cause, difficile d'être impartial quand le sujet nous touche viscéralement..
Une minorité (Ustke...) qui défend de la sorte (violences et dégradations...)
un individu ayant commis fautes ou délits... (Et même si là est la tache d'une
union syndicaliste)...en prenant en otage tout un pays... je trouve ca dommage...
la fin ne justifie pas à ce point les moyens...
à bon entendeur salut
Ecrit par : indignée... | 07.08.2009
"Les
pertes à déplorer auraient pu être énormes... " (?)
Mais Il n'y a eu aucun problème, ni là ni concernant des rapatriés sanitaires
toujours protégés. D’autre part c'est insultant pour les syndicalistes et
grévistes (indignation).
Aucune source, aucune référence dans ces longs commentaires plaintifs et
effrayés pour que l'on puisse vérifiez un début d'information. Étonnant.
On "aurait pu " aussi connaître des cas d'anthropophagie et des
kidnappings de blanches pour la traite...
Je ne colporte ni la désinformation ni les rumeurs, ni les manipulations de
l'opinion, (néthique ). Ouvrez donc vos blogs où vous mettrez en ligne ce qui
vous semble bon.
Ecrit par : Zeck | 07.08.2009
Les commentaires
sont fermés.
C’est dommage que ce MEC, Zec m’ait précédé pour fermer le dialogue que j’aurais clos en ces termes :
A une époque ou l’on parle de mondialisation de citoyenneté planétaire, je trouve que vous avez un état d’esprit bien grégaire qui me rappelle étrangement celui que j’ai connu il y a une quarantaine d’années en arrière dans les vallées alpines et à Chamonix en particulier. Nous appelions ça la guerre des clochers : « si tu n’es pas de la vallée, tu ne peux pas travailler ». Votre manière de penser, de vous exprimer, vos citations font de vous un rétrograde, un réactionnaire en quelques sortes…
L’anarchisme est un état d’esprit pas une « méthode » de raisonnement, en tout étant de cause, étant démocrate, après un essai, non concluant, je préfère mettre fin à cet échange unilatéralement stérile… Plusieurs amis ayant lu votre prose m’ont dit : « On n’a jamais fait d'un âne un cheval de course ! ».

Le 6 novembre 1988, 80 % d'électeurs français, et moi avec, ont dit OUI lors du référendum sur l'autodétermination. Les Calédoniens ( Kanaks et Caldoches) en feront ce qu'ils veulent.
Comme ce qui se passe là-bas est présenté de la même manière que lors d'autres conflits sociaux, via le mode d'emploi figaresque de l'idéologie dominante qui remonte au moins à Louis XIV, je rapporte la voix de ceux qu'on ridiculise et qui sont présentés toujours comme de dangereux terroristes mafieux.
Tout comme le fait d'être breton n'est ni un défaut ni une qualité, je n'ai pas mentionné telle ou telle couleur de peau, ou telle origine parce que je m'en fiche royalement.
Ecrit par : Zeck | 04.08.2009