ITR - Lettre transmise au Service des interventions du Cabinet du Premier ministre le 27 mai 2008.
Monsieur le Premier Ministre,
Militaire de la gendarmerie, je suis à la retraite depuis le 1er novembre 2006. A l’issue d’une carrière de 34 ans (dont presque 11 ans passés outremer) au service de la République et de mes concitoyens, je me suis retiré de la vie active avec 45 annuités et tout naturellement j’ai élu domicile en Nouvelle-Calédonie, avec mon épouse, lieu de ma dernière affectation ultramarine de 1999 à 2003.
Je n’ai pas fait une carrière de gradé j’ai donc une retraite basique, laquelle, abondée de l’indemnité temporaire de retraite (ITR), se monte à la somme de 3361 € par mois.
Je suis domicilié à l’année en Nouvelle-Calédonie comme une grande majorité des bénéficiaires de l’ITR, j’admets cependant qu’un faible pourcentage de retraités de l’Etat, civils et militaires, usent d’une adresse virtuelle dans les collectivités d’outremer en bénéficiant.
Après 18 mois ininterrompus sur le territoire je suis rentré en métropole pour une durée inférieure à laquelle j’avais droit (40 jours par an) et j’ai pu, à mon retour, me rendre compte de visu de la cherté de vie en Nouvelle-Calédonie, que je ne souhaite pas quitter pour autant…
Des audits ont été effectués dans les années passées concernant la distorsion des prix entre l’hexagone et la Nouvelle-Calédonie. Les rapporteurs ont fait état d’une différence peu notable de ces derniers, hors il n’en est rien ! De nouveaux audits effectués par des indépendants, UFC Que Choisir par exemple, amèneraient la preuve de ce que j’avance !
Si demain l’ITR venait à être baissée voire à disparaitre un grand nombre de mes collègues retraités se trouveraient dans une situation de crise financière ingérable (subprime) avec impossibilité de rembourser les emprunts effectués pour une accession à la propriété tardive, ce qui entrainerait inéluctablement une paupérisation de ces derniers !
Pour ma part sur les 3327 € mensuel que j’ai perçu en 2007 il ne me restait pour vivre que 1544 €1 pour assurer nos dépenses alimentaires, vestimentaires, carburant, imprévues et une petite épargne pour pallier les dépenses occasionnelles (frais médicaux non remboursés, défection électroménager, voyage sur la métropole tous les 18 mois…).
En l’état actuel de mes revenus, bien que ne faisant pas partie de la caste des hauts-fonctionnaires ou des officiers supérieurs voire généraux de l’Armée, je ne me plains pas. Toutefois, j’attire votre attention sur le devenir des petits retraités déjà installés outremer si vous effectuez une réforme du Décret n° 52-1050 du 10 septembre 1952 en les y incluant ?
Actuellement nous vivons une crise mondiale du prix du pétrole, avec une surenchère quotidienne, qui va entraîner une augmentation inexorable des produits de première nécessité (accentuée par notre insularité)… Une application stricto sensu de ce projet serait désastreuse pour la majorité d’entre-nous ! Une modification des conditions d'attribution pour les nouveaux bénéficiaires à compter du 1er janvier 2009 est sans doute incontournable, mais ne remettez pas en cause la situation des personnes qui en bénéficient actuellement…
Avec toute ma gratitude, je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de mon profond respect.
André GUEGUEN, gendarme à la retraite à Nouméa (NC).

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